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Regina ABOTSI, la Ghanéenne qui a reçu le prix Jeune Talent Afrique subsaharienne 2019 L’Oreal-UNESCO pour les femmes et la science

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DÉTERMINER DE LA RÉSISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES DE BACTÉRIES POTENTIELLEMENT PATHOGÈNES PRÉSENTES DANS LE TRACTUS RESPIRATOIRE DES ENFANTS INFECTÉS PAR LE VIH

Benjamine et unique fille d’une famille de six enfants, Regina Abotsi est née à Anloga (région de la Volta). Elle a décidé de devenir chercheure scientifique dès son plus jeune âge. « J’ai toujours été fascinée par la façon dont un petit comprimé ou une cuillerée de sirop permettait à un enfant malade de se sentir mieux. Enfant, je lisais toujours l’étiquette et la composition chimique de chacun des médicaments que je trouvais. J’étais tout aussi intriguée par les préparations à base de plantes qui semblaient avoir des effets magiques similaires. Il me tardait donc de comprendre ce phénomène plus en détail. » Son père, qui avait déjà encouragé ses fils à poursuivre une carrière scientifique, fut encore plus réceptif à l’intérêt de sa fille pour la science.

Après avoir terminé ses études de premier cycle en pharmacie, elle déménage en Afrique du Sud pour poursuivre ses études universitaires à cause des possibilités de financement local plus limitées au Ghana. Elle a pu largement les financer avec des bourses visant à promouvoir les femmes africaines dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et de la science des mathématiques (STEM). « Ma maîtrise a été financé par la bourse Mwalimu Nyerere de l’Union africaine, tandis que mes recherches de doctorat sont financées par l’Agence suédoise de coopération pour le développement international (SIDA) par le biais de l’Organisation pour la promotion de la femme dans le monde en développement (OWSD). J’ai également bénéficié du mentorat d’hommes et de femmes de sciences pour lequel je suis extrêmement reconnaissante. »

Dans sa thèse de doctorat, elle s’attache à démontrer l’effet à long terme du traitement antibiotique à l’azithromycine sur le microbiote respiratoire d’enfants atteints d’une maladie pulmonaire chronique (CLD) et qui sont infectés par le VIH. La CLD est la complication chronique la plus fréquente chez les enfants de moins de 15 ans infectés par le VIH, dont la plupart (environ 85%) résident en Afrique subsaharienne. Trois enfants sur dix présentent un type spécifique de CLD, aussi appelé bronchiolite oblitérante (OB-CLD).

Bien que la cause en soit inconnue, elle pourrait résulter d’infections respiratoires fréquentes et d’inflammations chroniques observées lors d’une infection par le VIH. « On ignore comment et dans quelle mesure ces phénomènes peuvent se produire dans cet échantillon infecté par le VIH dans un contexte africain. Par conséquent, dans ma recherche j’étudie l’effet du traitement à long terme par l’azithromycine sur la résistance aux antibiotiques et le microbiote respiratoire des enfants et des adolescents participant à un essai clinique. Les résultats de mon étude seront déterminants pour la prise de décision basée sur des preuves scientifiques en ce qui concerne l’utilisation du traitement à l’azithromycine pour le traitement de l’OB-CLD associé au VIH chez les enfants et les adolescents d’Afrique Subsaharienne. »

Une fois sa thèse soutenue, elle veut poursuive au-delà en se spécialisant encore davantage. « Dans 5 à 10 ans, je souhaiterais obtenir une bourse postdoctorale afin d’acquérir les dernières compétences et technologies en matière de résistance aux antimicrobiens et de recherche sur le microbiome humain. Par la suite, je me vois occuper un poste universitaire dans un institut de recherche où je dirigerai des approches novatrices dans cette discipline. Je contribuerai à la formation de la prochaine génération de jeunes scientifiques africains, en particulier de femmes, grâce à un enseignement, une formation et un mentorat fondés sur des preuves. Je me vois aussi créer une organisation non gouvernementale qui offrira des programmes de mentorat aux filles des communautés défavorisées et marginalisées. »

Regina Abotsi est l’heureuse récipiendaire de la subvention pour l’éducation Margaret McNamara (2019). Elle a reçu plusieurs bourses de recherche et de voyage : une bourse de recherche pour étudier la fonction bronchopulmonaire en réponse au traitement à l’azithromycine pour le traitement d’une maladie pulmonaire chronique chez les enfants infectés par le VIH (bourse BREATHe) (2019) ; une bourse de doctorat de l’Organisation des femmes dans la science dans les pays en développement (2017). Elle a terminé première du concours d’affiches à l’atelier de bioinformatique Metagenomic EMBL-EBI (2017). Et a également été distinguée par le Fonds Boehringer Ingelheim (2017) ; la Fondation Bill et Melinda Gates (2015 et 2016) et le Collège des sciences de la santé de l’Université de KwaZulu Natal en 2015.

source : https://lelab.info/